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Nancy Murillo

nancy_home_pt.jpgD’une palette musicale très large, où s’entremêlent des rythmes latino et du jazz, Nancy Murillo aime mélanger tradition et modernité. D’où son surnom de ‘sonera moderna’

Entretien


Nancy,  depuis quand habites-tu en France ?

 Ça fait environ 17 ans. D’abord, je me suis installée à Bordeaux où j’ai vécu une année.  J’y ai travaillé avec la formation musicale ‘Melting pot’. Ensuite, j’ai déménagé à Paris et j’en suis très heureuse.

Veux-tu nous raconter  ta musique ?

Ma musique est principalement de la salsa parce que je viens de Cali, une ville que nous appelons la ‘capital de la salsa’. Mais j’explore aussi d’autres sonorités, comme la cumbia colombienne.  J’aime beaucoup la musique traditionnelle  de mon pays et, à vrai dire, je suis fière de la diversité musicale de la Colombie. Je me fais un plaisir de mettre en valeur notre musique et de la faire connaitre dans le monde entier.

Autrement dit, mon répertoire est assez large, j’interprète des titres en rythme de boléro, de son cubain, de cumbia, de currulao, une musique typique de notre côte sur l’océan Pacifique. De même, je chante des chansons plus modernes, issues de la sphère du jazz et de l’électro latin jazz. De ce fait,  ma palette musicale est très variée et, de plus, j’aime mélanger des sonorités traditionnelles et modernes.

Comment es-tu arrivée en France ?   

C’est l’amour qui m’a emmenée en France. Le père de mon enfant est français, nous nous sommes connus en Colombie. Nous nous sommes mariés  dans mon pays  et nous y avons vécu un certain temps. Par la suite, nous nous sommes installés en France et, plus tard, nos chemins se sont séparés. Mais je suis restée en France parce que ce pays m’a offert beaucoup de choses positives. Ma carrière a pu se développer ici, tandis qu’en Colombie ce n’étais pas le cas.

Comment as-tu démarré ta carrière en Colombie ?

Je viens du théâtre. J’ai fais une maitrise en art dramatique. J’ai eu des très bons professeurs et, plus tard, j’ai travaillé avec Enrique Buenaventura, qui est une référence en Amérique Latine. Cette expérience dans le monde du théâtre me permet de maitriser la scène lors de mes prestations musicales. De même, cette formation m’aide beaucoup à l’heure d’improviser sur scène. Cela fait partie des avantages de ma formation. En Colombie, j’ai eu la chance de jouer des rôles où j’étais obligée de chanter et de danser. Cela  a été déterminant dans l’orientation de ma carrière.

 Etant enfant, ma mère m’a apprise à chanter. Elle n’était pas professionnelle mais elle aimait chanter.  Auprès d’elle, j’ai aussi appris  à jouer le guasá, un instrument de percussion  typique de la Colombie. Il est utilisé par les musiciens de la côte Pacifique colombienne pour jouer le currulao, un rythme de cette région. Il faut dire que mes parents sont nés dans ces contrées.

Par ailleurs j’ai suivi une formation pour travailler ma voix et pour apprendre des techniques vocales. Mais il faut reconnaître que, dès le départ,  je ne voulais pas être chanteuse, mais comédienne.  Cela étant dit, je me suis sentie à l’aise dans le chant. J’ai même essayé de faire de la télé en Colombie, mais je me suis heurtée au racisme. Même si un  noir  est un bon comédien, il n’aura jamais des rôles à l’hauteur de ses compétences.

Ici, en France, petit à petit, j’ai trouvé mon chemin. J’ai fait des rencontres déterminantes. Mes amis m’ont beaucoup aidé à trouver mon identité de chanteuse.  J’ai beaucoup  travaillé et je vois les résultats,  mais c’est un chemin très long  

 Explique-nous comment  tu travailles

J’ai mon propre groupe, ‘Nancy Murillo et son orchestre’, mais j’aime aussi collaborer avec d’autres artistes. A mon arrivée à Paris, j’ai travaillé avec plusieurs chanteurs qui habitaient ici  bien avant moi, notamment avec Camilo ‘Azuquita’. Avec lui, j’ai beaucoup  appris. Par conséquent, je suis indépendante mais là où on m’appelle, j’y vais !

Tu te produis avec combien des musiciens ?

Dans mon groupe,  il y a dix musiciens, mais je peux me produire avec trois, quatre ou sept musiciens, en fonction des besoins.  A  l’occasion d’un festival, nous pouvons être treize personnes sur scène. Mais bien entendu cela signifie des efforts financiers significatifs.

Qu’est-ce-que tu fais en ce moment ?

Je me produis beaucoup. Par exemple, je viens de faire une tournée en Turquie, en compagnie de Diego Pelaez, un chanteur vénézuélien. J’en suis très contente et nous avons d’autres concerts prévus dans ce pays. Par ailleurs, je travaille avec une compagnie de théâtre, ‘La Compagnie des Contraires’, dont la directrice, Neussa Tommassi, est une femme très courageuse. Nous faisons un théâtre engagé, qui parle des problèmes sociaux en France.

En ce moment, nous travaillons à un projet très beau de création théâtrale, avec les femmes emprisonnées  à la maison d’arrêt de Versailles. Nous leur apprenons un peu de théâtre, de danse, de chant. Nous avons aussi un atelier d’écriture. Notre spectacle s’appelle ‘Femmes, déballez vos sacs ! ». L’objectif est qu’elles puissent exprimer leurs soucis. Mais nous axons notre travail autour des aspects positifs de cette expérience terrible dans le monde carcérale.   Par ailleurs, nous travaillons dans des quartiers difficiles, surtout avec des enfants. Nous avons un chapiteau, nous nous installons dans ces quartiers et invitons les jeunes à participer dans nos cours de théâtre.

 As-tu enregistré des albums ?

Il y a un certain temps, j’ai enregistré un single chez Polygram, ‘Las noches originales’. A l’époque, nous avons organisé une tournée de promotion en France. Nous avons eu beaucoup de succès. Ensuite, j’ai fait un enregistrement, en autoproduction,  avec le groupe « Los Sombreros », une formation musicale spécialiste de la cumbia colombienne. Aujourd’hui, c’est très difficile de trouver une maison de disques. Un peu plus tard, après le lancement de l’album, le groupe s’est séparé.

Mais je suis allée de l’avant ! Je suis partie en Colombie  et j’ai réussi à enregistrer quatre titres. C’était encore une autoproduction. J’ai lancé le disque à Paris,  en petit comité. Nous l’avons présenté au Mandunga, dans une soirée extraordinaire. C’est un album de cumbia qui s’appelle ‘Tía Joba’. Ce jour là j’ai aussi lancé la « Movida latina », que nous faisons maintenant à La Java, une fois par mois.

Des projets ?

D’un côté, je voudrais refaire du théâtre et, dans cette perspective, je prépare un one woman show ; de l’autre, je souhaite enregistrer un autre album en Colombie, toujours en autoproduction. Normalement, je serai en Colombie entre janvier et février.   

J’ai aussi travaillé à un projet très joli, avec un maître de guitare congolais, connu sous le nom de Papa Noël. Il m’a appris à chanter en lingala, l’une des langues parlées au Congo, et nous nous sommes produits ensemble dans un festival de musique africaine. Nous avons l’intention de continuer dans cette direction.

Il faut dire que je n’aime pas jouer toujours le même type de musique. Je chante des salsas, des merengues, des sons cubains, des boléros, des souls, de la musique électro. J’adore la scène !

Je travaille beaucoup en ce moment dans le but d’avancer et de partager la gaité de ma musique avec mon public.

Par ailleurs, d’ores et déjà  je prépare ma saison de concerts pour les festivals de l’année prochaine.

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