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Anna Torres, interview

annatorres_home_pt.jpgLa Brésilienne Anna Torres nous invite à partager un monde où l’écologie et l’amour sont les maîtres mots. Dans sa nouvelle production, elle chante ses propres chansons, en compagnie de Pierre Barouh, de Vicelow, de Pyroman et des Indiens Guarani du Brésil



Anna, vous venez de sortir votre cinquième album, ‘Agua’. S’il fallait mettre en avant un aspect en particulier de cette production, lequel choisiriez vous ?

Cet album parle surtout de l’environnement.  Sur ce sujet, il y a une chanson, ‘Agua’, que j’ai   enregistré  avec des Indiens de la tribu Guarani Tenondêporan, mais aussi ‘Ce n’est pas grave’, ainsi que  ‘Camará’, que j’ai composé avec Pierre Barouh et que je chante avec lui. Je parle de l’inquiétude générale pour la planète. Cela dit, dans des titres comme ‘Angela’ je parle d’un problème social. Angela est une orpheline, abandonnée par sa mère parce qu’elle n’avait pas des moyens pour la garder. C’est une histoire que j’ai construit à partir de quelques articles de presse. Pour créer le personnage d’Angela, je suis donc partie de plusieurs récits. Jeune femme, elle part travailler dans un bar, tout en rêvant d’un prince charmant. Par ailleurs, il y a des chansons qui parlent d’amour, de l’amour au quotidien. Ce qu’il faudrait retenir c’est que cet album parle d’amour, que ce soit de l’amour pour la planète ou de l’amour pour les êtres humains.

Par rapport à vos quatre albums précédents, qu’est ce que le CD ‘Agua’ représente dans votre carrière ?

C’est un album d’auteur, un disque avec des chansons à moi.  Dans ma première production, il y a des chansons que j’ai composées mais aussi d’autres auteurs. Dans mon deuxième et mon troisième album,  j’ai interprété des chansons de plusieurs auteurs.  Pour ce qui est du quatrième, j’ai choisi de chanter des titres de João Duval. Pour mon cinquième CD, Pierre Barouh m’a invité à faire des adaptations en français de mes propres chansons écrites en portugais. Il m’a beaucoup encouragée à le faire  et c’est comme cela que cet album est né.  Dans le track listing de ce CD il y a 14 titres et j’en signe 12.

I-a-t-il des artistes invités dans votre album ?

Oui. En premier lieu, Pierre Barouh. C’est un compositeur très connu, surtout pour la chanson du film « Un homme et une femme ».  Vicelow, du groupe Saian Supa Crew,  et le rappeur français Pyroman sont aussi mes invités. Tous seront à mes côtés à l’occasion de mes concerts de promotion de l’album. Malheureusement, je ne peux pas inviter les Guarani.

Voulez-vous nous raconter un peu votre expérience avec les Guarani ?

Cela a été très émouvant. Au moment où j’étais en train de composer  en guarani le titre ‘Agua’, j’ai fait des recherches sur internet à propos des Indiens de cette ethnie. J’ai trouvé trois tribus guaranis et j’ai entrepris un très long voyage en voiture pour les rencontrer dans une réserve indienne. Environ mille membres  de l’une des tribus  habitent là, dans des maisons magnifiques, d’architecture indienne traditionnelle.  Nous avons beaucoup parlé de mon projet et ils ont exprimé le souhait de me connaître un peu plus. Ensuite, ils ont chanté pour moi plusieurs chansons dans leur langue. Cela a été vraiment extraordinaire, il faisait très beau et le paysage était enchanteur. Je suis très sensible et j’étais au bord des larmes. Cela a été un moment de partage unique que je n’oublierai  jamais. Après, nous avons enregistré ensemble dans un studio de Sao Paulo. Avec beaucoup de gentillesse, ils m’ont ramené des cadeaux d’artisanat, confectionnés par eux-mêmes.  Dans tout cela il y avait une touche de naïveté mais, au fond, ils ne sont pas du tout naïfs : ils ont demandé un contrat signé. Dans ce studio il y avait une énergie extraordinaire avec tous ces musiciens, qui ont joué avec  les plus grands artistes du Brésil, comme Vinicio de Moraes, Toquinho ou Ellis Régine. Tous ont été d’une grande générosité envers moi.

 Avez-vous un programme pour la promotion de votre CD ?

Je n’ai pas derrière moi une maison de disques. Quelques radios passent déjà quelques unes des chansons de mon album, mais je travaille avec des moyens très artisanaux. C'est-à-dire  que la promotion se fait à partir des concerts, avec des radios qui me soutiennent, comme Radio Latina, Radio Alpha, qui est une radio portugaise, Radio Tropiques, Radio Aligre et Paris Pluriel. En plus, j’ai  mon propre site internet et  je suis aussi dans  MySpace. C’est difficile de travailler comme cela mais c’est le seul moyen de diffusion de mon travail dont je dispose en France.

Il s’agit de votre cinquième album. Racontez –nous votre parcours avant d’en arriver là.

J’ai enregistré mes quatre albums précédents au Brésil, mais le quatrième a été lancé aussi en France. Il s’appelle ‘O canto da Anna’ (Le chant d’Anna) et c’est un hommage à João do Vale. Dans cette production, j’ai choisi d’interpréter des chansons de ce grand compositeur brésilien. Ses  titres sont très connus et Gilberto Gil, Caetano Veloso, Tom Jobim et d’autres artistes célèbres  les ont interprétés et enregistrés.  Par exemple, Maria Betania s’est fait connaitre  au Brésil avec ‘Carcará’, de João do Vale. Chico Buarque est un fervent admirateur de ce compositeur. En plus, il est de ma région, Maranhao. Dans un concert à Rio de Janeiro, j’ai constaté que beaucoup de monde ne le connaissait pas. C’est alors que j’ai décidé de lui rendre hommage dans un CD, en racontant son histoire. C’est donc un album biographique, avec un petit livret sur João. La promotion de cet album m’a conduit sur les grands plateaux de télévision au Brésil. J’ai fait le lancement de cet album en 2005 et j’ai aussi fait des tournées en 2006. En 2007, j’ai commencé à préparer mon cinquième disque.

Au Brésil, j’ai une carrière très importante, ça fait 17 ans que je suis sur scène. J’ai chanté dans le Trio Electrico, à l’occasion du carnaval, pour plus de 300.000 personnes, j’ai aussi enregistré des bandes son pour des films, comme Doses Poderes, de Lucia Murard, ainsi que des jingles. J’ai chanté dans trois comédies musicales et j’ai fait des doublages des dessins animés. Comme vous le voyez, j’ai derrière moi une carrière très vaste.

Et qu’est ce que vous a poussé à venir en France ?

A l’occasion de la sortie de mon premier album, Essência de Ser (1994), une maison de disques française s’est intéressée à mon travail. Mais lorsque je suis arrivée à Paris, elle a fait faillite. De ce côté-là, je n’ai pas eu beaucoup de chance mais, par contre, j’ai  rencontré un public chaleureux et j’ai connu mon mari ! Nous nous sommes mariés  il y a cinq ans. Par la suite, j’ai fait trois ans de navette entre Paris et Sao Paulo. J’habite en France mais je vais au Brésil une ou deux fois par an pour me produire sur scène. Autrement dit, j’entretien ma carrière brésilienne. J’ai un nom là-bas et je n’ai pas l’intention d’abandonner mon public du Brésil.

Des projets ?

Je voudrais trouver une entreprise pour distribuer mes disques en France.

Avez-vous des idées d’album qui vous trottinent dans la tête ?

Oui !

Et à quoi ressemblerais ce nouvel album ?

Disons qu’il va être la continuation d’Agua’… mais c’est un secret !



Album 'Agua' d'Anna Torres, déjà en vente chez:
Natura Brasil:  2, place Michel Debré  Paris 6
Axel Fashion: 5, rue Turbigo, Paris 1
                     26, rue de Lappe, Paris 11
 

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