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Azuquita à Paris

azucar_home_pt.jpgLe grand monsieur du panama et le nœud papillon nous a encore charmés au Bataclan avec cette salsa traditionnelle qu’il affectionne. Il a su transmettre son enthousiasme et sa joie de vivre au public et il a fait danser à tout le monde

 

Azuquita, vous êtes de passage à Paris et vous nous revenez avec un CD assez récent. Pouvez-vous nous donner quelques précisions sur cet album ?

J’ai commencé à travailler sur cette production à Los Angeles, où je résidais. Etant donné que j’ai déménagé à New York, j’y ai fini la production, sous la direction d’un excellent pianiste péruvien, Lucho Cueto, qui dirige l’orchestre de Willie Colón. Une fois le CD fini, j’ai encore déménagé, cette fois-ci à San Juan de Puerto Rico. Dieu merci, ce disque a été bien accueilli et les gens sont en train de l’acheter. Ce n’est pas encore sorti en France, car je cherche une entreprise sérieuse pour la promotion et la distribution.

Ça fait combien de temps que vous avez produit cet album ?

La production a deux ans, mais j’ai freiné son lancement pour le faire au Puerto Rico, où j’habite. Heureusement, le CD marche bien là-bas, ainsi qu’à New York. Cette fois-ci, c’est moi qui mène la dance, je me charge directement de la commercialisation.

Pouvez-vous nous décrire le contenu de ce disque ?

Parmi les titres, il y en un qui s’appelle ‘El muerto vivo’, qui parle de moi. Il y a un certain temps, en 96 plus précisément, je devais prendre un avion New York-Paris, mais j’ai annulé le voyage à la dernière minute. A cette époque-là, j’ai enregistré à San Juan un CD avec Papo Luca, directeur de l’orchestre Sonora Ponceña. Il m’a annoncé que la radio la plus écoutée en ville voulait m’interviewer, alors j’ai annulé mon voyage à Paris. Dieu m’a sauvé ! L’avion s’est craché et mon nom est apparu sur la liste de passagers. Tout le monde a cru que j’étais mort !  Les journalistes ont même appelé chez ma sœur au Panama. Ils ne voulaient pas croire que j’étais bien vivant et que j’étais au Puerto Rico. Les journaux ont titré « Azuquita est vivant et il chante » (« Azuquita está vivito y cantando »). Alors, j’ai composé une chanson sur ce sujet.

Est-ce que Puerto Rico a été l’objet de l’une de vos compositions ?

Oui, j’ai dédié une chanson au Puerto Rico, ce que j’ai toujours voulu faire. Je suis arrivé sur l’île en 1966. Le Portoricain Rafael Cortijo, qui a beaucoup travaillé avec Ismael Rivera, m’a proposé au Panama un contrat pour chanter à San Juan. Je me suis payé le voyage parce que le contrat n’est jamais arrivé. Quelques semaines plus tard, je me suis produit à la TV, dans une émission animée par le Combo de Rafael Cortijo. Ça a été inoubliable ! J’ai remplacéà Ismael Rivera, en tant que chanteur principal. Ensuite, nous sommes partis en tournée à New York, où j’ai rencontré le percussionniste Kako Batar. Nous avons enregistré des disques et nous sommes encore partis en tournée, cette fois-ci au Panama.  A l’époque, la grande mode c’était le boogaloo et j’ai composé ‘Panama Boogaloo’, qui a été un vrai succès. J’ai retourné au Puerto Rico et j’y ai travaillé six mois avec l’orchestre Sonora Matancera. Par la suite, j’ai connu Luis Ramirez et nous avons enregistré ‘El poeta lloró’, pour Fania, l’un de mes succès les plus retentissants. Après, j’ai intégré l’orchestre « Típica 73 ». Avec eux, j’ai chanté des titres qui sont devenus des tubes, comme ‘Xiomara’, ‘La botija de abuelito’, ‘Tiña tiñoso’ ou encore deux boléros qui ont beaucoup plu. Je suis venu à Paris deux fois avec « Típica 73 », dont une fois avec Cheo Feliciano. A ce moment là, on m’a proposé des contrats qui se sont enchainés et je suis resté 25 ans à Paris ! A présent, je suis basé au Puerto Rico, mais ma famille est en France.
                      
Pour quoi êtes-vous retourné au Puerto Rico ?

Je suis retourné au Puerto Rico pour être en contact direct avec mon public, en particulier avec les nouvelles générations. Maintenant, je suis sollicité de partout : on m’appelle du Pérou, de la Colombie, du Panama, du Venezuela, de New York. Voilà, c’est cela que je voulais et j’ai réussi à l’avoir. Je me suis dit que si je restais ici, à Paris, sans bouger, j’allais rater des bonnes occasions de me produire.

Alors, vous êtes en train de vous faire connaître par les jeunes latino-américains, sur place ?

Oui, les nouvelles générations pensaient même qu’Azuquita était mort ! Les jeunes me disent que leurs pères ou leurs grands pères leur parlaient de moi, mais ils croyaient que j’étais décédé : ils n’avaient plus entendu parler de moi !  Ils s’étonnent même de constater que j’ai autant d’énergie. Et j’en remercie Dieu !

Et comment vous vous situez par rapport aux musiques nouvelles ?

J’ai fait une version reggaeton de ‘Xiomara’, mon vieux tube.  Quelques uns de mes amis ne l’ont pas  bien pris. Ils trouvaient que ce n’était pas compatible avec mon style, avec la salsa dura que j’ai toujours fait. Me je souhaite que les jeunes constatent que j’ai beaucoup de volonté, de swing, de la motivation pour faire n’importe quel rythme , que ce soit des boléros, du guaguancó, de la cumbia, du cha cha cha, du merengue ou encore de la salsa, qui est toujours ma spécialité.

La version originale de ‘Xiomara’ je l’ai faite avec « Típica 73 » et la version reggaeton date d’il y a deux ans.

Donc, mon but c’est que la nouvelle génération sache que Camilo Azuquita est encore là !

Et vous composez toujours vos chansons ?

Oui, pour la plupart. Par exemple, les paroles et la musique de la chanson que j’ai faite en hommage au Puerto Rico,  sont de mon propre cru.

Et vous vous produisez souvent au Puerto Rico ?

Oui, mais aussi aux Etats Unis et dans d’autres pays de la région. C’est cela que je cherchais, un pays prêt de tout, placé stratégiquement. Si j’étais à Paris, les choses seraient beaucoup plus compliquées, encore plus aujourd’hui avec la crise économique et énergétique.

Vous vous êtes récemment produit à Paris ?

Oui,  je me suis produit au Disney Village et l’accueil du public a été très chaleureux. J’en suis très content. Je retourne dans les Caraïbes, mais cette fois-ci au Panama. Ma dernière visite au Panama date du carnaval 2006. A ce moment-là, je m’y suis produit avec El Canario et Cheo Feliciano. Donc, l’idée de m’installer au Puerto  Rico a payé et ça continue de marcher.

Et où est ce que l’on peut trouver votre album ?

A la FNAC et sur Internet.

 

 

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