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Michael Stuart

michael_home_pt.jpgLe jeune salsero de Puerto Rico est venu montrer son art à Paris. Sa prestation au Bataclan nous a mis l’eau à la bouche. Il revient en octobre et prépare un CD pour fêter son 10ème anniversaire de carrière

 

 

Michael Stuart, entretien

Lors de ta première prestation à Paris, à l’occasion de l’hommage à Tito Puente au Zénith, il y a quelques années, tu me disais que tu puisais ton inspiration de la vieille salsa, voire de la musique caribéenne plus ancienne. Es-tu encore sur la même longueur d’onde ?

Je suis toujours dans la même quête. Depuis la date de ce concert (il y a huit ans), nous avons fait à peu près cinq CD et je continue d’introduire ce style, des éléments de la salsa, du swing et beaucoup plus dans mes productions, pour les donner une touche moderne et traditionnelle à la fois. Je ne peux pas faire un disque qui s’éloigne totalement de mon style.

Nous sommes en train de travailler à un album qui va être une vraie surprise pour les salseros, pour les danseurs, pour le ‘cocolo’, comme nous disons au Puerto Rico, l’amateur de la salsa pure et dure, façon Hector Lavoe, Ismael Rivera, Frankie Ruiz, Gran Combo. Nous venons avec quelque chose de savoureux pour fêter mes 10 ans de carrière.

Peux-tu nous dévoiler au moins quelques aspects de cette surprise ?

Pour mes plus de 10 ans de carrière, je voudrais faire un album avec mes amis pour fêter avec eux. Pour cette production, j’ai déjà contacté quelques uns des maîtres de la salsa ‘gorda’, comme Larry Harlow, José Alberto El Canario, Oscar D’León et des musiciens comme Papo Luca pour les inclure en qualité d’invités dans mon CD. Il y aura des duos, ainsi que des trompettistes, des pianistes et des percussionnistes invités. A coup sûr, ça va être une production dont on va beaucoup parler. Nous espérons faire un album digne des collectionneurs de salsa.

Il s’agit donc d’une production différente de celle que tu es venu promouvoir à Paris ?

Voilà, c’est ça. Elle viendra après « Sentimiento de un rumbero », l’album que je suis venu lancer en France. « Lola », l’une des compositions que je signe est déjà sur les ondes. J’ai produit ce CD avec le maestro Guillermo Calderón. Il y a un duo avec José Alberto El Canario, « Dos con swing », un autre avec La India, « Un amor tan grande ». De même, nous y avons inclus des compositions des artistes de la pop comme Luis Fonsi, Luis Bermúdez, les frères Gaetán de Panamá, qui travaillent avec Luis Estefan. Vraiment, c’est une production très complète, là dedans il y a des titres romantiques qui expriment beaucoup de sentiments, de l’amour dans toutes ses facettes mais avec un swing très savoureux, avec beaucoup de rythme pour faire danser les gens.

Tout à l’heure, nous étions en train de parler de modernité et tradition. Comment est-ce que tu les concilies ?

La modernité, c’est moi qui l’apporte, que ce soit avec mon look ou mon style, mais les arrangements doivent aller vers la tradition, ils doivent être conçus pour danser, on doit donc oublier un peu les « inventions ». Il est vrai que la musique est faite pour être fusionnée, mais les jeunes salseros se sont trop éloignés de l’esprit de la salsa, qui au départ est faite pour faire la fête. Celui qui aime la salsa, celui qui achète des disques de salsa aime l’écouter chez lui tout en faisant la vaisselle ou en mangeant.

Les gens m’harcellent en me demandant quand est-ce que je vais faire un album de salsa traditionnelle et, en plus, j’ai envie de le faire pour mon plaisir personnel. Si les maisons de disques m’avaient laissé les mains livres pour faire un album comme cela, je l’aurais fait depuis longtemps. A présent, j’ai la liberté de le faire et je peux le faire.

Quel était le problème avec les maisons de disques ? Voulaient-elles que tu fasses de la fusion avec du reggaeton ?

Le problème des maisons de disques c’est qu’elles marchent avec la mode. Si elles te voient jeune, avec un look urbain, elles pensent que tu es commercialisable. Alors, elles cherchent à faire des disques en accord avec ce cadre. Si c’est le reggaeton qui est à la mode, elles demandent de la fusion de salsa et du reggaeton, ou du rock à l’occasion. On ne peut pas faire à 100% ce dont on a envie, à cause la pression des maisons de disques parce que ce sont elles qui ont l’argent. Si un chanteur fait un disque qu’elles n’aiment pas, crois-moi, elles ne vont pas le travailler, même si au départ elles y ont investi beaucoup d’argent.

J’ai toujours pu exprimer mes opinions sur mes disques, mais jamais j’ai eu autant de liberté comme pendant la production de mes deux ou trois derniers CD. Je les ai produits, j’ai choisi les arrangements musicaux, ainsi que les chansons. Maintenant, c’est différent et cela se voit. En ce qui concerne les arrangements, je suis devenu plus agressif.

Comment ça se passe avec le reggaeton ? Est-ce que c’est une fusion imposée par les maisons de disques ?

C’est une fusion qui plait et je crois que la salsa et le reggaeton vont très bien ensemble. Ce qui change c’est le rythme. Pour ce qui est des paroles, ce sont à peu près les mêmes de la salsa d’Hector Lavoe, Ismael Rivera ou Willie Colón. Ils créaient des personnages comme Julito Maraña, Juanito Alimaña et ils racontaient les histoires de leurs quartiers.

Je ne vois pas d’inconvénients à faire cette fusion mais on risque de perdre ses repères, d’oublier l’essentiel de la salsa. Il y aura toujours des gens pour aimer cette fusion, mais si on est un salsero et si on a déjà son public, à quoi bon d’inventer autre chose ? Moi, je préfère garder mon orientation.

Et comment est perçue ta façon de faire les choses ?

Très bien. Les personnes avec qui j’ai parlé pour participer à la production de mon 10ème anniversaire de carrière sont d’accord. J’espère que à l’heure d’enregistrer ils tiendront leurs promesses. Nous allons travailler petit à petit. Les gens attendent cet album, on me le demande depuis longtemps.

I-a-t-il une date de sortie établie pour cette production ?

J’espère que le lancement soit fait avant la fin de 2008, entre octobre et novembre. Il y aura des dates de sortie différentes pour Puerto Rico et les Etats Unis d’un côté et l’Europe, de l’autre. Par exemple, c’est maintenant que « Sentimiento de un rumbero » sort en Europe, juste au moment où la promotion de mon prochain disque se fait aux Etats Unis et au Puerto Rico.

Quel est le nom de cet album anniversaire ?

Cela n’a pas encore été arrêté, mais la phrase ‘dixième anniversaire’ doit en faire partie. J’espère que cette production marque un moment privilégié de partage avec tous mes invités, lorsqu’ils seront tous, en même temps, aux studios avec moi pour enregistrer. Je voudrais que cela reste comme un témoignage de l’acceptation, de la part des maîtres, d’un salsero jeune, qui ne veut qu’entretenir l’héritage qu’ils l’ont légué. Pour l’instant, je ne peux pas donner plus de détails.

Des prochains concerts à Paris ?

Oui, je reviens à Paris le 19 octobre pour un concert au Bataclan et ce sera moi, tout seul. On va faire la promotion et nous allons travailler dur. Préparez vous ! Il y a du Michael Stuart pour un bon moment !

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