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Jean Paul Tamayo, salsero de Paris

tamayo_home_pt.jpgDans leur groupe « La Nueva Edición de la Salsa », Jean Paul Tamayo et Jim López mélangent la culture salsera de Cali et de Buenaventura, ainsi que les rythmes afro-colombiens de la côte Pacifique colombienne

Comment est-ce que tu définirais ta musique ?

Je fais surtout de la salsa. C’est la musique que je préfère chanter, celle qui correspond à ma culture. C’est dans cette musique que je me suis épanoui en tant que chanteur et c’est celle que j’aime le plus. Je suis plutôt un interprète, donc je ne compose pas et je ne suis pas parolier. Je travaille toujours avec des directeurs musicaux. Ensemble, nous montons des groupes, nous faisons des projets et c’est ainsi que je peux chanter de la salsa.


Jean-Paul avec Andy Montañez
oct 2007, Back UP, Paris

Quel type de salsa fais-tu ?

Etant donné que je viens de Cali (Colombie), mes influences sont plutôt new yorkaises, en particulier des années Fania. Evidemment, Oscar D’León m’a aussi marqué ou encore la Sonora Ponceña de Puerto Rico. Ma culture salsera est très ‘caleña’, dans le sens de ce qui s’écoute le plus dans la ville de Cali. De même, dès le berceau, on écoute le Groupe Niche, Guayacán, Joe Arroyo. Par ailleurs, je vis en France et je subis les influences de ce que l’on écoute en Europe, qui vient surtout de Cuba. Ici, la timba est très connue et nous, les musiciens, nous apprenons à choisir les aspects les plus intéressants de la timba. On écoute aussi le son moderne, comme celui d’Alberto Alvarez, qui fait un son très personnel, ou encore le latin jazz. Mais ce que je chante toujours avec plaisir c’est la salsa dura, a cause de la vitesse de son rythme. L’espace que cette musique donne au chanteur, au sonero, est très important.


Comment es-tu devenu chanteur ?

On pourrait dire que par hasard, ce n’était pas du tout planifié. J’ai commencé à chanter avec le Groupe Mango, un groupe de Paris dirigé par un Colombien, Otto Palma. Je l’ai connu ici, à la Peña, et tout en dansant et en chantant, comme l’on fait ici d’habitude, ils m’ont proposé d’intégrer leur groupe. Voilà ! Un mois après, je chantais à la discothèque La Seine Bastille. Six mois plus tard, nous nous sommes produits à Bayonne pendant le festival de salsa des arènes de la ville, en été. Je me suis formé sur le tas mais ensuite je me suis rendu compte que, sans en être conscient, j’avais beaucoup étudié. Mon ouïe c’était fait à la salsa et, d’un autre côté, chez moi, dans ma famille, on a toujours été des passionnés de salsa. J’étais donc très imprégné de cette musique. Par la suite, j’ai collaboré avec d’autres groupes, et j’ai chanté avec eux à l’étranger et en province, ici en France. Et ainsi de suite…

Et tu chantes toujours dans un groupe ?

Oui, j’aime faire partie d’un projet avec une équipe de musiciens, qui écrit ses propres compositions.

Cela fait sept ans que tu es dans la salsa. Est-ce que tu es prêt pour monter ton propre groupe ?

Non, pas en ce moment, il me manque encore une formation musicale plus poussée. Il serait trop compliqué de diriger un orchestre et de faire des arrangements musicaux. J’aime le travail en équipe. A présent, je suis dans un projet avec un musicien percussionniste, Jim López. Il s’occupe de diriger, de faire les arrangements, de la composition. De mon côté, je chante et je fais la promotion du groupe. Notre orchestre s’appelle « La Nueva Edición de la salsa » et à mon avis ce nom possède un sens très particulier.


Jean-Paul avec Azuquita
21 juin 2008, Dysney Village

Des projets ?

Nous avons un CD prêt pour son lancement. Nous avons déjà enregistré les dernières chansons dans un studio de Cali.

Par ailleurs, Jim López, qui assume l’aspect musical de notre production, est originaire de Buenaventura. Son héritage culturel afro-colombien est très fort. De ce fait, beaucoup des chansons de notre CD sont porteuses de ce message, tant au niveau des paroles que du rythme. En même temps, nous avons fait quelques titres un peu plus modernes. Il y a, par exemple, l’intervention d’un chanteur de rap, ce qui m’a surpris positivement de la part de Jim. Il fait cette fusion avec beaucoup de créativité. Nous avons enregistré aussi une chanson folklorique, un currulao de la région de Buenaventura , mais à 70% l’album est salsa. Il reflète bien ce que nous faisons dans nos concerts. C’est une musique pour danser mais il y a aussi certaines nuances, avec des titres un peu plus doux. Pour l’instant, on fait la promotion du disque au niveau des professionnels et, ensuite, on le lancera.

En même temps, je m’occupe de promouvoir notre orchestre, dans le but de jouer dans les festivals en France et dans d’autres pays européens. Nous souhaitons nous produire en live et en ce moment on négocie quelques prestations.

Est-ce que tu chantes seulement en espagnol ?

Nous chantons dans nos concerts un titre rendu célèbre par Edith Piaf, « Mont amant de Saint Jean », qui parle d’amour. Nous la chantons en français en rythme de salsa et elle est toujours bien reçue par le public français. C’est un moment très spécial dans nos concerts.

Tu m’as parlé d’une structure appelé Kultura. Tu peux m’en dire plus ?

C’est notre entreprise, une s.a.r.l. Elle nous permet de travailler avec des interlocuteurs différents : des festivals, des salles de concert, des discothèques, des mairies, des animations privées. Nous représentons en France des professionnels qui font une musique latino-américaine différente de la notre. On souhaite les faire connaître ici à Paris, parce que l’on habite dans cette ville, mais aussi ailleurs en Europe. Nous avons un catalogue d’artistes. Outre notre groupe, La Nueva Edición de la Salsa, nous représentons d’autres artistes, comme le groupe afro-péruvien « Chinchiví », un groupe cubain de fusion et un autre de son cubain traditionnel. Nous travaillons aussi avec des musiciens brésiliens, avec des danseurs, des DJs. C’est une façon de fédérer les efforts de tous. Nous avons un site internet, kultura.com, où nous mettons en ligne des entretiens avec des artistes, tournés en studio.

Il paraît que tu sors un titre dans une compilation ?

Oui, c’est un ami, le DJ Lantigua, qui lance la compilation chez Wagram. L’album, qui est apparu en mars 2008, marche bien. De ce fait, notre chanson a été diffuse sur les ondes de Radio Latina. Notre morceau fait aussi partie de notre disque et s’appelle « Su majestad el tambor ». C’est un hommage aux percussions.

Jim López, tu as suivi cet entretien avec beaucoup d’intérêt et nous t’en remercions. Ton nom a été cité à plusieurs reprises. Que peux-tu ajouter à ce qui a été dit sur ton travail ?

Je suis compositeur, je suis chargé de l’aspect musical de notre projet. Je suis né à Buenaventura, sur la côte pacifique colombienne. J’ai derrière moi une expérience longue de 25 ans, ce qui nous a beaucoup aidés. Aussi, ma connaissance du milieu musical nous a été précieuse.

Cette année a été très importante. Nous avons fait notre premier album, qui sortira bientôt sur le marché.

Quel est l’aspect le plus intéressant de ton rôle au sein du groupe ?

Nous sommes douze musiciens : des cuivres, des percussions, un piano et des chanteurs. Il nous arrive d’inviter des musiciens étrangers au groupe pour mélanger le rap, le reggaeton et la pop à notre musique, mais sans perdre notre identité de groupe de salsa.

Nous utilisons beaucoup des cadences rythmiques de ma région. Dans nos arrangements, nous nous servons parfois des instruments folkloriques de la côte pacifique de la Colombie, comme le marimba. Nous avons mélangé notre salsa avec des rythmes de cette région. Par exemple, nous avons fait un arrangement salsa de La Caderona, une chanson très populaire à Buenaventura.

Jim, quelle est ta formation musicale ?

Je suis autodidacte et dès l’âge de huit ans je me suis intéressé aux percussions. Une partie de ma famille fait de la musique et sans doute ils m’ont transmis leur passion. Enfant, je construisais mes propres timbales avec des vieilles boites à gâteux vides. Je suis convaincu que nos voisins étaient fatigués de m’écouter taper sans cesse sur mes tambours.

A Buenaventura, la salsa est très présente. C’est un port très actif et il a été l’une des voies de pénétration de la salsa en Colombie. Donc on en écoute beaucoup. De mon côté, j’essayais d’accompagner cette musique avec mes tambours métalliques.

A l’âge de quinze ans, j’ai créé un groupe avec des amis et des membres de ma famille. Par la suite, j’ai travaillé presque sept ans avec Yuri Buenaventura, en Colombie. Après, j’ai joué avec d’autres musiciens et j’ai fini par créer « La Nueva Edición de la Salsa », ici, à Paris. Nous devons continuer et tout faire pour la diffusion de la salsa en France.

Sans doute la salsa va s’enrichir avec des apports des musiques différentes ici, en Europe, mais cela doit toujours se produire dans le respect des bases de la salsa pour ne pas la dénaturer.

 

 

 

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