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Carlos de Nicaragua

carlosnicaragua_home_pt.jpgNourri, dans son pays d’origine, de reggae, salsa, calypso ou merengue, Carlos de Nicaragua fait une musique hybride où l’on sent des échos rasta et salsa. Dans son prochain album, il revient avec une musique plus chaude, plus salsera.

 

Si tu avais à décrire ta musique au public de La Peña, comment le ferais-tu ?

Je répondrais que je suis l’un des précurseurs de la salsa reggae en France. Je suis né sur  la côte atlantique du Nicaragua, où il y a beaucoup de descendants des esclaves africains.  Ma musique s’enracine là-bas, dans cette culture.  Etant jeune, j’écoutais de la musique du monde entier, mais j’étais particulièrement branché sur la musique des Caraïbes, dont le reggae, la salsa, le calypso, le merengue, la cumbia et j’en passe.

Comment as-tu choisi ton nom d’artiste ?

Ce n’est pas seulement parce que je suis du Nicaragua, mais c’est surtout en honneur de Nikarao Kaï, un guerrier indien, sage et philosophe, qui a interpelé les Espagnols, à l’époque de la conquête, avec trois questions embarrassantes : si votre Dieu est aussi généreux que vous le dites, pour quoi y-a-t-il autant des calamités dans le monde ? Est-ce que le chef de votre église est immortel ? Dites nous, pourquoi aimez vous autant l’or ?

Qu’est-ce qui t’a décidé de venir en France ?

Je suis arrivé en France en 83 pour faire des études de cinéma et de photographie. Mais j’ai quitté l’université en 85 pour faire de la musique, un domaine qui, à mon avis, me permettait  de mieux comprendre mes racines.

Comment était la musique de tes débuts ?

Après avoir laissé tomber mes études, j’ai démarré la Sound Music. Cela se faisait avec une chaine de musique, un DJ et un sélecteur, chargé de passer les disques. Le DJ chante sur la musique de ces disques, dans le style jamaïquain des années 50. Nous avons été soumis à cette influence et nous avons lancé cette musique ici, dans les quartiers, dans les ghettos. A nos côtés, il y avait Pablo Master, Tonton David. Tout cela était  quelque chose de nouveau.

Et ensuite ?

Pendant les années 90, j’ai monté mon groupe,  j’ai réussi à développer mon idée de reggae salsa et nous avons fait des concerts. En 93, j’ai rencontré Manu Chao, qui rentrait de sa tournée en Amérique Latine. Nous nous sommes croisés dans un studio où nous, les rastas, répétions. Il s’est intéressé à notre musique et il m’a invité à faire un jam avec lui et ses musiciens.  Avec nous, ils se sont imprégnés de reggae et c’est de cette rencontre qu’est né l’album Casa Babylon. J’ai été co-auteur de l’un des titres, « El alacrán ». J’employais déjà le slogan « ¡Escuche familia ! », ce qui pour moi équivaut à parler d’un seul amour, dans le sens où Bob Marley l’exprimait. C’était une période intéressante et en même temps triste parce que le groupe Mano Negra s’est séparé.  Alors, avec Manu Chao, on a essayé de créer un autre groupe. C’est à ce moment là qui est apparu Radio Bemba Sound System, qui a apporté beaucoup de succès à Manu. Nous avons été les précurseurs de tout cela. Nous sommes partis en tournée en Espagne. J’ai participé à  la composition des chansons mais, suite à un différend, nous nous sommes séparés.

 Après, as-tu démarré  autre chose, une autre étape ?

En 95, je suis rentré en France et j’ai commencé à organiser mon propre groupe, « Carlos de Nicaragua y familia ». Nous avons fait un album de salsa reggae, que nous avons produit nous mêmes. L’un des titres de ce CD, ‘ Sensemayá ‘ a été inclus dans la compilation ‘ Latina Café n° 2 ‘. D’autres morceaux dont je suis l’auteur, comme ‘Putumayo’,  ont aussi été inclus dans d’autres compilations. Et je continue de me battre et de créer ma musique.

Il faut dire qu’avant nous, personne d’autre ne faisait ce type de musique en France, mais je tiens aussi à dire que je respecte tout le monde, tous ceux qui font une musique semblable à la notre.

Explique-nous ton concept de la fusion

Pour moi et mon groupe, danser c’est comme chanter et vice-versa. Dans le reggae, il y a un rythme et si l’on introduit de la salsa là-dedans, il y a une rupture. Les deux rythmes s’alternent et se mélangent. Je mets en musique les vers du poète cubain Nicolás Guillén, qui disait qu’à Cuba il n’y avait pas des blancs ni des noirs mais des mulâtres. A son instar, je fais une musique mulâtre.

 

Des projets de disque ?

A l’heure actuelle, je reviens à un style où mes racines latino sont plus fortes. C’est toujours de la salsa reggae, mais la tendance est plus ‘salsera’, plus chaude.

Tout ce que j’ai vécu au Nicaragua ressort dans l’album que je suis en train de préparer. Il y a du rock, du reggae, de la salsa, du mambo, en plus de toute cette magie musicale qui nous est propre à nous, les latino-américains. C’est pour cela que personne d’autre ne peut faire cette musique comme nous. Je pense que cet album va  confirmer ma place dans l’univers musical latino.

 D’autres projets ?

Ce printemps,  nous sommes partis en tournée en Autriche, en Allemagne, en République Tchèque, en Slovénie. A partir de juin, nous jouons dans des festivals d’été en Italie, en Suisse, en Autriche.

  

  

 

 

  

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