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Barbara Luna, marraine de La Peña

barbara_home__pt.jpgChanteuse argentine de Paris, Barbara Luna fait une musique très personnelle, bien ancrée dans le présent. Elle revisite la tradition latino-américaine et en fait quelque chose de différent

 

Barbara Luna : Entretien


Comment définirais-tu ta musique ?

C’est une musique que je considère comme actuelle, faite par une latino-américaine de l’Argentine. Qu’on le veuille ou non, elle a la marque de mon identité, de ma culture, mais bien sûr c’est une musique qui, pendant mon long voyage à travers le monde, a subi beaucoup d’influences. J’ai quitté l’Argentine il y a environ 15 ans, j’y suis retournée a plusieurs reprises, mais disons que j’ai été influencée par le reste du monde. Je ne peux pas dire que ma musique soit du genre folklorique ou du tango parce qu’elle englobe tout. C’est la musique d’une argentine citoyenne du monde.

Il y a plusieurs étapes dans mon travail. Ma musique a été commercialisée à partir de 1998. J’ai enregistré quatre disques, dont trois en studio et un quatrième live. Chacun de ces disques correspond à une face différente de ma carrière. En ce moment, je prépare un cinquième CD.

Peux-tu nous dire ce qu’il y a de nouveau dans cet album en préparation ?

Dans cet album on trouve la femme actuelle, la femme libre, la femme qui voyage, la femme qui est dans le monde et qui compose une musique essentiellement latine, une musique argentine, à travers des rencontres, à travers ce voyage dont je parlais. A mon avis, c’est une musique assez fraîche, printanière. Inévitablement, dans le disque il y a un côté argentin, on peut y trouver des thèmes qui font penser à un boléro sans que cela soit vraiment un boléro ou à une cumbia sans pour autant en être une. Dans ce disque, il y des sons et des couleurs très différentes, qui expriment tout mon parcours ainsi que les influences qui m’ont envahie, les influences dont je me suis imprégnée. Mais le plus important est que ma musique est très personnelle, populaire et actuelle.

Et très féministe aussi ?

Je ne sais pas si c’est féministe ou non. On m’a identifié à beaucoup de choses, mais je voudrais sortir des clichés. Féministe ne veut pas dire grande chose, c’est un album où la femme, l’homme et chaque chose occupent leur place. En toute simplicité, j’occupe dans cet univers la place qui me revient de droit. Si par le passé, d’autres personnes ne l’ont pas fait, c’est un autre problème. Je refuse des étiquettes comme le féminisme, la chanteuse engagée ou encore la world music. Dans ce CD, je me suis beaucoup impliquée dans mon travail à travers un message très fort d’amour, de rencontres, des références à ce qui se passe dans le monde d’aujourd’hui, mais d’une façon très gaie et très positive. Il y a un désir de ma part de parler de liberté à travers l’amour et je crois que l’amour c’est regarder l’autre. Je propose d’oublier le nombrilisme, de regarder vers l’extérieur, de rester dans ce monde et de survoler tout cela. Dans ce disque, il y a un désir de légèreté.

Pour en arriver là il t’a sans doute fallu un long parcours ?

Avant d’en arriver là, je suis passée par l’étape de « visiter » les pays voisins du mien. Au départ je me suis beaucoup investie dans l’univers salsa. J’ai interprété des thèmes ‘salseros’ sans vraiment faire de la salsa. Mon groupe a toujours été très acoustique, ce n’était pas un ensemble de salsa. En tout cas, c’était ‘ma’ salsa, une salsa très personnelle. A un moment donné ma musique a été présenté comme un tango languide empreint de salsa. Mon premier disque, ‘La vida, la muerte’, était assez éclectique. On y trouve, par exemple, des milongas jouées avec des ‘cajones’. En Argentine, les milongas et les tangos sont joués par des orchestres sans percussions qui sont réservées au candomblé.

Je n’ai jamais fait de la musique traditionnelle, j’ai toujours essayé d’être dans le présent, de faire quelque chose d’actuel. A l’époque, personne ne jouait des milongas de cette façon. C’était un retour à ce qui a pu être la musique afro-péruvienne, avec un mélange d’instruments cubains, péruviens et argentins. Cela donnait un arc-en-ciel de sons très acoustiques avec du swing. J’incorporais à mes compositions beaucoup de petits éléments qui venaient d’ailleurs.

Mon deuxième CD, beaucoup plus acoustique, a une rythmique hybride, qui m’est propre. Dès mes premiers enregistrements, ma démarche a été de faire une musique très personnelle mais quand même liée à une tradition. Je suis l’auteure de presque tous les titres de cet album, ‘India morena’. Il a fait partie des coups de cœur de la Fnac et il continue de se vendre. J’y retourne à l’identité latine et je mélange le ‘son’ cubain à la musique argentine, il y a des guitares, des violons, des percussions. C’est un CD très épuré, simple, léger. Il a été édité en Argentine l’année dernière.

Mon troisième disque est beaucoup plus travaillé, avec des touches de jazz. On pourrait dire qu’il est intéressant mais moins populaire. Mais il est vrai que la popularité d’un album est liée à la promotion dont il bénéficie.

Mon quatrième disque est live, enregistré à l’occasion de mes concerts à Athènes, pendants sept nuits et il y en a eu des très magiques. Nous avons enregistré cinq concerts et, à la fin de 2006, nous avons décidé d’en tirer un album parce que le public le demandait. Je crois que je suis plutôt une artiste de musique live.

Etant donné qu’à l’époque j’avais déjà en tête l’idée de changer totalement de registre, j’ai fait un clin d’œil dans ce disque à mes musiciens, qui jouaient avec moi depuis l’année 2000.

Quelle est la date de sortie prévue pour ton prochain CD ?

Il est déjà presque prêt et il devrait sortir à la rentrée. J’ai composé tous les titres et il faut dire que le Cubain Raúl Paz a beaucoup collaboré avec moi dans cette production.


Barbara Luna et Raúl Paz (Chanteur cubain)

Tu es la marraine de La Peña Saint Germain pour son 8ème anniversaire. Qu’est ce que cela signifie pour toi ?

Pour moi, c’est un honneur. D’abord, j’ai beaucoup d’affection pour La Peña, pour François Douchet et pour tous ceux qui travaillent avec lui. C’est un endroit où je me suis produite, en particulier à l’époque où François faisait des fêtes thématiques sur chaque pays latino. J’y ai participé en chantant de la musique argentine. Il y a donc une amitié de longue date. Par ailleurs, c’est à La Peña que j’ai rencontré Raúl Paz et c’est là qui est née l’idée de faire quelque chose ensemble.

François m’a toujours soutenu et a contribué à promouvoir mes concerts. Donc, pour moi, c’est une joie d’être la marraine de ce huitième anniversaire de La Peña. Ça fait du bien de savoir qu’ils sont là pour soutenir les artistes latino.

Photos: Juan Pablo Gutierrez

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