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Entretien avec Juan Luis Guerra, ambassadeur de la bachata et du merengue

guerrafran_home_pt.jpg« La llave de mi corazón », l’album le plus primé du Dominicain Juan Luis Guerra , marque un tournant dans sa carrière. Grâce aux sept Grammy Awards qui l’ont récompensés, l’Europe s’intéresse à la musique dominicaine. Après avoir gagné le cœur latino aux Amériques, « La llave » part à la conquête du public européen.


Comment se sent un artiste après avoir gagné 7 Grammy Awards ?

Cela a vraiment marqué un moment très important dans ma vie cette année. Nous avons reçu sept Grammys et j’en remercie Dieu de ce cadeau et de cet album, « La llave de mi corazón », qui a été le CD par lequel tous ces succès sont arrivés.

Est-ce que cela va exercer une influence dans votre carrière ? C’est un tournant ?

Bien sûr. A partir du moment où on a gagné les Grammys(voir notre article sur ce sujet), en particulier le Grammy anglo-saxon(voir notre article sur ce sujet), l’American Grammy, beaucoup de pays s’intéressent à notre musique et beaucoup de portes ont commencé à s’ouvrir, tant en France qu’en Italie, en Allemagne ou au Japon. Ce sont des pays où bientôt on écoutera et dansera la musique de la République Dominicaine.

Juan Luis Guerra avec
Roberto Burgos speacker de Radio Latina

Votre carrière est longue et très réussie. Quels ont été les moments clés dans ce parcours ?


Nous avons déjà 23 ans de carrière derrière nous. Nous avons commencé en 1983 et je pourrais dire que les moments clés ont été la sortie de l’album « Ojalá que llueva café », qui nous a permis de faire connaître notre musique en Espagne et dans toute l’Amérique Latine. Ensuite, il y a eu l’album « Bachata rosa » qui nous a permis d’introduire la bachata auprès de notre public. Et, maintenant, « La llave … » qui a été le CD qui a reçu plus de prix dans toute ma carrière. Voilà le résumé de 23 ans en 30 secondes !

De quoi se nourrit la bachata ?

Au départ, elle se nourrit du boléro. Je la perçois comme un boléro antillais. Elle est jouée avec des instruments très précis : bongo, maracas et güira. C’est cela qui lui donne ce timbre si caractéristique. Dans la bachata, l’instrument harmonique par excellence est la guitare et pas le piano, ce qui est très important. Quant au güira, c’est un instrument rythmique en métal qui à l’origine était utilisé dans le merengue mais maintenant on commence à s’en servir dans la bachata, à la place des maracas.

On se souvient beaucoup du merengue « La bilirubina »

C’est un titre qui était inclus dans le CD « Bachata rosa ». C’est l’un des merengues les plus populaires que nous avons fait et on pourrait dire qu’il a fait le tour du monde.

Juan Luis Guerra avec
François Douchet Fondateur de la Peña
Vous travaillez avec beaucoup de musiques très différentes. Laquelle d’entre elles est votre préférée ?

J’ai commencé par être rocker, le rock était ma musique et j’en écoutais tout le temps. Après, j’ai passé au jazz. Ensuite, lorsque je suis parti faire mes études au conservatoire de Berklee (Boston), j’ai décidé de travailler sur ma propre musique parce que c’était celle qui suscitait le plus d’intérêt. Mais j’ai toujours aimé la musique classique et les compositeurs modernes, donc je crois que sur ce sujet je suis très éclectique. J’écoute toute sorte de musiques mais, au moment de jouer, je pense que c’est avec la bachata, le merengue et ma guitare que je suis le plus à l’aise pour composer mes chansons. Cela dit, je peux aussi bien jouer le rock ou le jazz et je suis certain que je me sentirais très bien en les jouant.

Quelles sont les sources de votre inspiration ?

Je crois que pour être inspiré il faut s’imprégner de beaucoup de choses. Dès que j’ai décidé de faire un nouveau CD, ce que je fais en premier c’est d’aller à New York. Là-bas, je vois des opéras, des ballets, j’écoute des compositeurs modernes, je vais au MoMa, aux musées, et je m’imprègne de tout cela. Ensuite, je fais un mélange avec la base rythmique de la bachata et du merengue et, bien sûr, avec mes paroles pleines de métaphores que les gens adorent.

J’aime aussi mélanger des genres musicaux différents, venus d’ailleurs, avec les rythmes dominicains. Si je travaille à un merengue et je peux y rajouter des sonorités gospel, jazz o rock, je le fais sans aucune sorte de peur. Je sais que les combinaisons qui en résultent sont merveilleuses.

Côté projets, qu’est ce que vous nous concoctez ?

En ce moment, ce que j’ai en tête c’est ma tournée. Elle s’appelle « Travesía Tour » et on démarre en juin aux Etats Unis. En août, nous serons ici en Europe et c’est à ce moment-là que l’on pourra venir en France pour faire un concert, ce que j’ai beaucoup souhaité depuis longtemps.

D’ici, je vais à Berlin et puis en Italie. Nous allons nous y produire pour promouvoir notre album.

Est-ce qu’il y a un nouveau CD en perspective ?

Pour l’instant, je n’y pense pas beaucoup, mais je crois que mon prochain album sera live. Dans ce cas, ce que nous faisons c’est d’enregistrer tous les concerts de la tournée et ensuite nous choisissons les meilleures prestations pour en faire le disque. Ce seront les concerts de « Travesía Tour ».


Juan Luis Guerra avec
Ingrid de Armas Journaliste

Quelle est la base de l’entente entre vous et le groupe 440, qui vous accompagne dès le départ ?

Il y des musiciens qui font partie du groupe depuis 20 ans, d’autres depuis 23 ans. Je définis l’ensemble comme une grande famille. C’est un groupe nombreux et j’espère que l’on pourra être ici tous ensemble en septembre pour que le public profite de ces merveilleux artistes qui m’accompagnent et danse au rythme de leur musique. Cette fois-ci, je suis venu en France avec seulement quelques musiciens mais le groupe, au grand complet, se produira en Allemagne parce que nous sommes sponsorisés par le Ministère de tourisme de la République Dominicaine, nous y allons pour promouvoir notre pays.

Vous habitez en République Dominicaine. Est-ce que vous y travaillez, est-ce que vous y faites des concerts ?

Normalement, nous y faisons un concert annuel, mais dans des lieux très grands qui peuvent accueillir de 60.000 à 70.000 personnes. Je vis et je travaille dans mon pays et je fais des tournées aux Etats-Unis.

Qu’est-ce que vous pouvez nous raconter de votre vie privée ?

Ça fait 23 ans que je suis heureusement marié, j’ai deux fils merveilleux et j’habite en paix en République Dominicaine, Dieu merci.

Donc vous êtes croyant

Oui, je le suis. Ça fait déjà 15 ans que j’ai reçu Jésus comme Seigneur et Sauveur. Je suis donc tout à fait croyant. Je vis pour la grâce de Dieu et toujours dans la foi de ses paroles.

De quelle religion s’agit-il ?

Dans notre église, nous ne faisons pas des différences entre les religions. Nous sommes des Chrétiens et nous acceptons tant les catholiques que les protestants ou les évangélistes.

En parlant avec vous, j’ai l’impression que vous dégagez une sorte de sérénité. D’où vient-elle ?

C’est la paix qui me donne la parole de Dieu. Lorsque l’on a une confiance totale en lui, on lui fait porter toutes nos charges et il prend soin de nous. Le problème se présente quand on ne trouve pas sur qui rejeter ces charges, c’est alors que la vie se complique. On est obligé de les porter soi-même ou de les filer à quelqu’un d’autre, ce qui est pire !

Vous avez encore reçu, il y a quelques jours, un prix « Lo nuestro » à Miami. Qu’est-ce que vous en dites ?

Tous les prix sont importants, ils nous stimulent beaucoup et nous en sommes très reconnaissants. Je viens aussi de recevoir en Espagne le prix de la chaine Dial. Nous en étions très contents et nous continuons à aller de l’avant.

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