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Dany Brillant en interview

brillant_home_ptLe nouveau disque de Dany Brillant est à la sauce latino. Féru de salsa, Dany est allé chercher son inspiration à Porto Rico. A Paris, il fréquente La Peña, parce que « c’est un endroit merveilleux où on peut écouter  de la musique latine tous les jours … et c’est à Saint Germain »

 

Votre dernier CD a été enregistré à Porto Rico.  Qu’est-ce qui vous a  poussé à explorer  les Caraïbes?

D’abord, parce que  depuis toujours je suis un fan de salsa. Je sortais d’un album de danses de couple, où j’avais repris toutes les danses à deux, que ce soit le mambo, le rock, le tango. Dans me derniers concerts, j’avais installé des parquets où les gens pouvaient s’inviter à danser.  Je me suis aperçu que les pistes étaient vraiment pleines. Quand  on jouait du rock et du tango,  les gens venaient, mais ce n’était pas plein, mais quand c’était de la salsa tout le monde venait,  des gens de tous les âges,  de toutes les classes sociales. C’est  une musique très universelle, qui regroupe beaucoup de gens.

brillant_appui_001 L’année dernière on était en pleine crise, je n’entendais parler que de marasme économique toute la journée ; en fin, c’était déprimant. Alors, j’ai eu envie d’aller aux Caraïbes, j’ai eu envie  de  retrouver un peu d’exotisme, d’évasion.  En allant à Porto Rico, je me suis aperçu que c’était l’un des  berceaux de la salsa, avec Cuba. J’avais déjà fait un disque à Cuba il y a dix ans, ‘Havana’, et je me suis dit que  ça serait bien de refaire un disque de salsa. Comme j’en avais déjà fait un à Cuba, je me suis dit que j’allais le faire à Porto Rico.

J’ai fait une rencontre magistrale,  Angel Cuco Peña. C’est l’un des grands maîtres de la musique portoricaine, il est très connu là-bas. Le courant est passé entre nous et on a décidé de faire un disque ensemble.  Je lui ai donné mes chansons et il les a orchestrés à la sauce portoricaine.

Et vous avez travaillé avec des musiciens portoricains ?

Oui, avec les meilleurs musiciens de Porto Rico. Ils m’ont  vraiment ouvert les portes de leur studio. J’ai enregistré avec beaucoup de musiciens qui  ont travaillé à la Fania All Stars, qui ont joué avec Willie Colón, Ray Barreto … J’ai vraiment eu la fine fleur des musiciens portoricains et, puis, j’ai eu des orchestrations magnifiques.

brillant_appui_002Est-ce que vous avez prévu des concerts pour le lancement de votre album ?

Je vais faire le Casino de Paris en mars 2010. Je vais faire une tournée un peu avant, de janvier à février, dans toute la France.  Je garderai les parquets que j’avais mis dans mon spectacle parce que je crois que les gens aiment bien danser  pendant que je chante, en même temps.  J’aurai des musiciens français, mais  aussi des musiciens cubains, vénézuéliens. Je vais tout revisiter, même mes anciens tubes, à la sauce salsa. Je faire donc un petit lifting, même à mes anciennes chansons pour que ça soit de la musique latine.

Vous avez donc l’intention de rester dans ce créneau ?

Ce n’est pas un créneau, c’est une musique que j’aime profondément. Il y a des vagues successives de la musique latine : elle est à la mode,  après ça tombe un peu, et après ça revient. Mais c’est toujours là. C’est quelque chose qui est intemporel ; cette musique était dans les années trente à Paris, c’est revenu dans les années cinquante, dans les années soixante, c’est revenu dans les années quatre-vingt-dix et puis ça a retombé. Mais il y a toujours des endroits magnifiques à Paris qui perpétuent cette tradition, même si  les média en parlent moins. C’est une musique basée sur la tradition, qui en même temps est moderne, qui plaît à tout le monde, aux jeunes, aux moins jeunes.

Le fait de garder un espace pour danser dans vos concerts c’est aussi dans l’esprit latino ?

Oui, exactement. Pendant longtemps, je faisais des concerts assis et les gens se levaient pour danser. Alors,  ceux qui étaient derrière ne voyaient pas. C’était très compliqué, il fallait en même temps contenter ceux qui dansaient et ceux qui étaient assis pour écouter. Alors, pour trancher la poire en deux, j’ai mis des parquets. Comme ça, les parquets sont réservés pour ceux qui veulent danser et ceux qui ne veulent pas danser –il y en a aussi- restent assis à écouter, et tout le monde est satisfait.

Vous est un connaisseur de musique latino. D’où vous vient cet intérêt ?

brillant_appui_003C’est quelque chose que j’ai profondément en moi. Ça vient peut être de mes racines. Je suis né en Tunisie, dans une famille italienne.  Ça  vient peut-être de mon côté méditerranéen. En Méditerranée, et surtout en Tunisie,   il y avait un brassage des communautés incroyable. Et la salsa c’est ça, c’est le mélange de la musique africaine, des percussions qui viennent d’Afrique, et de la musique espagnole, andalouse. Ces deux musiques ce sont mélangées et se sont rencontrées dans les Caraïbes. Mais dans le bassin méditerranéen vous avez les deux aussi.  Ça vient aussi du fait que j’ai besoin d’évasion et d’exotisme et je trouve que cette musique-là  fait  bouger. Il n’y a pas cette chaleur dans les autres musiques, je ne la trouve pas ailleurs, je la trouve un peu dans le jazz d’une certaine époque, mais après le jazz est devenu un peu plus sombre. Mais quand c’était dansant il y avait aussi dans le jazz cette joie de vivre. Ça vient donc d’un besoin d’évasion et je trouve que quand on écoute de la salsa, on se sent mieux. Il y a quelque chose là-dedans que, même si l’on a des soucis,  des problèmes, tout va bien.

Et les percussions, ça vous attire particulièrement ?

Je joue des percussions depuis toujours. J’en joue sur scène aussi. J’ai discuté avec des salseros et il faut savoir que la salsa, à la base, vient des esclaves africains qui jouaient des percussions, c’était une musique religieuse. C’étaient les Yoruba, des esclaves d’Afrique, qui faisaient des incantations avec leur religion, la santería, un mélange de religion chrétienne et d’animisme africain, et au son des percussions les gens entraient en transe.  Il y avait toute une initiation où on transmettait d’une manière occulte ces rythmes ; c’était une musique dans laquelle on se délivrait et on communiquait avec les dieux. C’était une musique, qui selon le rythme, pouvait avoir un effet sur les personnes et  sur les battements du cœur. Il y a toute une technique  pour entrer en transe et sortir de vous-même. Je pense que cette musique est basée là-dessus, elle est basée sur la transe. C’est-à-dire, que les gens dansent et, à un moment donné, ils sortent d’eux-mêmes et ils sont heureux. A la base, c’est une musique qui a une vocation religieuse, ou mystique en tout cas. Avec elle, on voulait communiquer un peu avec les dieux pour adoucir le quotidien.

Et il y a aussi du jazz là dedans ?

Il y du jazz aussi. Après, le jazz est venu se mélanger  dans les années quarante, avec les cuivres. Au départ, cette musique est venue de Cuba, de la province d’Oriente, avec le son,  où il y avait simplement des percussions et de la guitare. Après on a mélangé avec des cuivres parce que le jazz est arrivé. Tout cela s’est mélangé et ça a donne la salsa, qui veut dire sauce, parce que c’est une marmite avec plein d’ingrédients. Et puis, elle n’a fait qu’évoluer pendant toutes ces années.

On vous a vu à La Peña. Vous y alliez à la recherche de la salsa ?

D’abord, j’y vais parce que le patron est très sympathique et c’est important. C’est souvent les patrons qui font les endroits. D’ailleurs, souvent dans un endroit, quand le patron part, il n’a plus le même aura et les gens n’y vont plus. La philosophie du patron, du maître des lieux, est très importante, c’est lui qui donne l’impulsion d’un endroit.

C’est un endroit qui est merveilleux parce qu’on peut y écouter de la musique latine tous les jours, ce qui est assez rare. Et c’est à Saint Germain. C’est mon quartier, je n’habite pas loin. Et même si j’habitais loin, j’irai tout le temps à Saint Germain parce que, pour moi, c’est le quartier de la musique, des rencontres. C’est de la poésie, il y a quelque chose là-bas. J’ai chanté Saint germain, c’est mon quartier. Donc, ça fait beaucoup de choses qui sont réunies dans cet endroit, c’est la raison pour laquelle j’y vais et puis il y a des très jolies filles.

Ça vous arrive de danser la salsa ?

brillant_appui_004Je la danse un peu, mais j’ai un problème à la hanche et je ne peux pas danser trop longtemps. Je la chante, j’aime l’écouter ;  je bouge sur scène, mais je ne fais pas des performances de danse. Mais il m’est arrivé de danser plusieurs fois à La Peña, et ailleurs aussi, à Porto Rico, où il y a beaucoup d’endroits très  sympathiques, avec  beaucoup de musique live. En  France, c’est très cher d’organiser des orchestres, avec les charges sociales. Le plus simple c’est mettre des disques. Ça marche très bien parce qu’en général les disques sont enregistrés en live. Des fois, on a les mêmes émotions en écoutant les disques de salsa qu’avec les orchestres.

Vous défendez la salsa avec beaucoup de conviction ?

Oui.  J’ai l’impression  que c’est la musique de demain, j’ai l’impression qu’il va avoir de plus en plus de gens qui vont vouloir s’évader à travers cette musique. Elle a tout ce qu’il faut : elle est rythmée, il y a du sentiment, il y a des grandes mélodies. C’est la musique d’hier, d’aujourd’hui, mais de demain aussi. J’en referai parce que  je n’ai pas épuisé tout l’inventaire des rythmes latins. Il y en a tellement ! J’ai fais des boléros, des mambos, des cha cha chas, des merengues, mais il y d’autres rythmes.

Comme j’ai un accès assez large au public –je passe à la télévision-  je peux diffuser  des musiques qui étaient peut-être réservées à un certain milieu, peut-être restreint, contrairement au rock, qu’on entend partout. C’est vrai qu’on n’entend pas  ça sur toutes les radios, que ça ne passe pas à la télé. Je me sers un peu du fait qu’on m’invite dans les télés pour pouvoir diffuser cette culture un peu plus réservée, d’initiés.

Site à visiter : www.danybrillant.com

 

 

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