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E l gran Azuquita à La Peña: interview

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Récemment, La Peña a eu l’honneur d’accueillir  son parrain, le grand sonero panaméen Azuquita,  ex de Fania All Stars.

 

 

 

azuquita44 1De retour de Puerto Rico, Azuquita a retrouvé avec  joie  La Peña, sa maison de prédilection à Paris.   A cette occasion, nous avons parlé de beaucoup de sujets, comme à l’accoutumée. Il faut bien reconnaître que le répertoire d’anecdotes  liées a la vie professionnelle de notre ami est presqu’inépuisable. Nous avons évoqué son  rôle  dans  Fania All Stars, ce label légendaire, et la parution  de son nom sur le livre Guinness, ainsi  que l’ouvrage ‘Cuban  Fire, musiques populaires d’expression cubaine’, d’Isabelle Leymarie, où l’auteure analyse le travail d’Azuquita.

Azuquita,   votre nom a été inclut dans l’encyclopédie  Guinness de la musique populaire.  Racontez-nous comment s’est produit cet événement.

 azuquita44 3Cela a été une vraie surprise ! En 1993, j’étais en train de me produire à Londres, avec un orchestre, un big band, et un monsieur que je ne connaissais pas, très gentil d’ailleurs,  est venu vers nous. Il m’a dit  qu’un article sur moi avait été publié dans le livre Guinness,  et il m’en a fait cadeau.  Mon nom figure presqu’à côté de celui de Charles Aznavour. Tout  un honneur !

 Guinness me présente comme le pionnier de la salsa en Europe, ce qui n’est pas exactement le cas. Mais sans doute ils ont cette perspective parce que je suis arrivé en France en 1977, à l’occasion de mes deux concerts avec l’orchestre Típica 73 et Cheo Feliciano, dans un chapiteau à la porte de Pantin.     Deux ans plus tard,  j’ai commencé à chanter à La Chapelle des Lombards … et je suis resté à Paris ! A cette époque là  j’avais déjà enregistré plusieurs disques, des LP bien sûr, avec Cortijo, Roberto Roena y sus megatones, le percussionniste  Kako, ainsi qu’avec Fania aux côtés de Celia Cruz, entre autres.

Dans quelles circonstances avez-vous commencé à travailler avec l’équipe de Fania ?

azuquita44 4Cela est arrivé lorsque j’habitais à Los Angeles, en Californie, et me produisait au Virginia’s Club. Alex Masucci,  frère de Jerry, co-fondateur  de Fania, est venu me rencontrer au Virginia’s. Résultat : dans la période  1974-75, nous avons fait un disque dédié à la Californie, avec arrangements musicaux pour les saxos du Panaméen Mauricio Smith. C’était mon premier disque lancé chez Vaya Records, un label subsidiaire de Fania.  

Plus tard,   j’ai dû  choisir la ville où j’allais m’installer : Los Angeles, New York ... ou Paris.

Et vous avez choisi Paris. Comment ça s’est passé ?

C’est très simple : j’ai  eu un contrat intéressant à La Chapelle des Lombards. Par la suite, j’ai enregistré mon premier disque en France, intitulé ‘Azuquita, salsa bataclan’. Et il y  a eu beaucoup d’articles sur mon travail dans la presse française, ainsi que d’interviews. Par conséquent, le public  parisien me connaissait bien.   

C’est à ce moment là que Fania  s’est produit  à Paris.  Etant donné que j’étais déjà connu en France, le représentant parisien de l’entreprise a   jugé bon de mettre mon nom à la tête de la liste d’artistes  sur l’affiche de promotion du concert. Avant celui de Celia Cruz !  Masucci ne l’a pas apprécié et une sorte de guerre a commencé entre nous.

azuquita44 5AComment se  manifestaient ces hostilités ?

Si un producteur m’embauchait, il ne pouvait pas  travailler avec Fania, et  là où  Fania se produisait  je n’avais  pas de contrats.  Après, malgré ces tensions, j’ai encore enregistré un autre LP sous le label Fania, ‘C’est magnifique’, parce que Masucci a dit que je leur « devait » un disque. J’ai   accepté, mais  à condition  de chanter avec  l’orchestre de Tito Puente. Tito était mon ami ; à l’époque, on se fréquentait beaucoup parce qu’il venait souvent à Paris, et il a tout de suite accepté.  Je suis l’auteur de la majorité des chansons  de cet album, mais les producteurs ont mis mon nom en petits caractères, tout en bas de la couverture. C’était leur vengeance, le prix à payer pour mon attitude indépendante. Pour tout vous dire, ils ont volé mes droits. Le public   n’a aucune idée  des tricheries et des coups bas dans  le monde de la salsa.   Je suis resté à Paris, où je me suis fixé.

azuquita44 5 Azuquita, revenons maintenant au présent. Lors de notre dernier dialogue il y a quelques mois, ici même à La Peña, vous nous avez parlé de votre dernier disque, ‘Camilo Azuquita, salsa desde Panamá’. Qu’en est-il  de ce CD ?

Il est dans les bacs à Puerto Rico, depuis mai 2013. C’est une production Melao Records,  un label qui m’appartient.

Je retourne à nouveau à Puerto Rico, dans le but  d’intensifier la campagne de promotion de mon album. J’ai déjà  été interviewé dans quelques émissions à la télé,  mais ce n’est pas assez.  Le single de promotion du disque est le morceau intitulé ‘Dios, música y el amor’, qu’on entend déjà  sur les ondes portoricaines.

Je ne peux pas abandonner mon disque, je ne peux pas le tourner le dos. Donc il faut que j’aille à San Juan. Mais je reviendrai à Noël.

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