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Oscar Hernández, chef de file de la salsa 'old fashion' : Interview

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Oscar Hernández, à la tête du Spanish Harlem Orchestra, a parlé avec La Peña Saint-Germain, à l’occasion de son concert à Paris.  

 

 

 

 

 

  • La Peña Saint-Germain a rencontré Oscar Hernández dans sa loge, avant son concert parisien au New Morning. Accueillant, très simple, il nous a longuement parlé de son extraordinaire carrière musicale, mettant en avant l’héritage caribéen dont il se revendique et la tradition hispanique très particulière de sa ville natale, New York. Fondateur du Spanish Harlem Orchestra en 2000, aux côtés d’Aaron Levingston, Hernández est devenu le porte-drapeau de la ‘salsa dura’, tel qu’elle était jouée dans son « barrio » new-yorkais. Nourri dès sa jeunesse du legs des grandes stars de la salsa et du jazz, il est aujourd’hui un géant de la salsa, récompensé par trois Grammy Awards américains.
  • OSCAR 1Oscar Hernández, comment présenteriez-vous votre musique au public français ?
  • D’abord, elle représente une histoire, un héritage, qui vient de Cuba. Par la suite, à partir des années 50, cette musique s’est développée à New York, marquée par la révolution latine. Une révolution menée par des musiciens tels que Machito, Tito Puente, Cachao, Tito Rodríguez, Celia Cruz, Ray Barreto et toutes les stars de Fania.
  • Des parents portoricains, vous êtes né à New-York, au cœur d’un quartier essentiellement latino. Cette ville vous a donc nourri des influences qu’elle véhiculait.
  • Je suis né au Bronx et j’y ai grandi. On écoutait la musique latino partout, cela ‘sortait’ même par les fenêtres. Pôle de la culture populaire latino-américaine, les quartiers habités par des immigrés communiquaient entre eux, que ce soit le Bronx, Harlem, Brooklyn. Le Harlem hispanique a fait connaître cette musique, dont l’importance était semblable à celle de la musique noire. De là, elle a irradiée son influence vers des pays latino-américains.
  • OSCAR 2En tant que musicien ayant travaillé aux côtés des grands de la salsa traditionnelle, notamment Ruben Blades, vous avez dû recevoir leurs influences.
  • J’ai marqué cette musique de mon sceau personnel. Mes 15 ans de carrière, en travaillant à la tête de ma formation musicale, au piano, ont été récompensés par trois Grammys américains. C’est le fruit de cette histoire, une histoire authentique. Je n’ai jamais oublié cet héritage, présent dans mes six disques. J’ai été fidèle à cette ligne musicale tout au long de ma vie professionnelle.
  • Votre vie à New-York a sans doute déterminé la présence d’éléments de jazz dans votre travail.
  • Il y a des influences du R&B, du jazz, de la pop. Je prends un peu d’ici et de là, cela fait partie de ce qui m’appartient. Je suis très clair concernant ma ligne musicale et le public constate toujours la présence de mon sceau personnel.
  • Votre dernier CD, « Anniversary », représente cette ligne d’action ?
  • Il représente une continuité, l’étape la plus achevée de ma musique. Les gens me demandent s’il y a quelque chose de nouveau dans ce disque. Je les taquine en répondant, rien ! Nada ! C’est-à-dire que le concept est toujours le même. Dans ce CD on trouve le swing que cette musique mérite. Elle vient de mon cœur et de l’expérience en compagnie des grands noms de la salsa comme Machito ou Cachao, entre autres.
  • Je suis l’auteur de 9 des 13 titres du disque. Les autres sont des vieilles chansons habillées de neuf, ce sont nos versions de ces quelques vieux morceaux. Nous souhaitons qu’ils ne tombent pas dans l’oubli.
  • OSCAR 3Ecoutez-vous la musique latino d’aujourd’hui ?
  • J’essaie de tout écouter, mais il ne m’intéresse pas d’inclure la bachata ou le reggaeton dans ma musique.
  • Au fil des années, y-t-il eu une évolution dans votre travail ?
  • Je souhaite entretenir quelque chose qui est authentique. Je suis très fidèle à ce que je fais, j’y mets beaucoup d’amour et de la passion. Mon ego n’est pas trop démesuré, en revanche mon amour est énorme. Pour moi cette musique est la meilleure du monde !
  • Vous êtes venus en France à plusieurs reprises. Est-ce qu’il est important pour vous de jouer à Paris ?
  • Pour moi c’est un honneur de faire connaître notre musique au public d’une ville de culture comme Paris.
  • Des projets ?
  • Il y deux ans j’ai lancé le disque ‘The art of latin jazz’. Le dernier CD de cette série va sortir bientôt. Il y aura des artistes invités de très haut niveau. Je suis l’auteur de toutes les compositions inclues dans cet opus. Pour moi, le latin jazz est une façon de me démarquer musicalement.

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