Borys et son orchestre
A la tête d’un orchestre de 12 musiciens, le Colombien Borys joue tant ses propres créations que la musique d’accompagnement des artistes latino en tournée en Europe. Il jongle avec l’originalité et l’adaptation
En général, tu accompagnes les musiciens latino qui se produisent à Paris. Est-ce qu’il est difficile de s’adapter au style de chaque artiste ?
Heureusement, nous sommes toujours choisis pour faire ce travail. A vrai dire, pour nous, c’est très facile de le faire parce que nous venons de formations de musique populaire en Colombie. Il faut dire que je travaille avec des musiciens tant latino qu’européens. Accompagner ces musiciens d’ailleurs, en général latino-américains, est un travail formidable. Nous le faisons avec beaucoup d’amour et avec beaucoup de professionnalisme. Les artistes qui se sont fait accompagner par nous sont très contents de notre travail. La raison : nous arrivons à produire les sons et la couleur de chaque musicien, dans n’importe quel style.
Vous avez donc une capacité remarquable d’adaptation ?
Oui, nous sommes capables de nous adapter aux différentes musiques latines, que ce soit la salsa de Puerto Rico, de la Colombie ou de Cuba. La salsa de Puerto Rico est très complexe, au niveau de l’harmonie et des arrangements musicaux. C’est différent de la salsa dura ou de la salsa cubaine. Nous nous adaptons à tous ces styles parce que notre objectif, dans les concerts live, est de produire les couleurs de chaque musicien. Les sonorités doivent être identiques à celles enregistrées par chaque artiste dans ses disques. Nous nous devons d’arriver au niveau atteint par chaque artiste ou de le faire encore mieux. Nous ne pouvons pas nous permettre d’être en dessous de ce niveau. Nous sommes tenus de respecter le style de chaque artiste.
Comment travaillez-vous pour réussir votre pari ?
Avant chaque concert, nous écoutons beaucoup les disques des musiciens que nous allons accompagner. Nous faisons en sorte d’apprendre chaque style, dans le but d’être en conformité avec la musique de l’artiste invitée. Dans ce sens, nous avons beaucoup de responsabilité et, pour réussir notre pari, il est indispensable de travailler avec des vrais professionnels.
La moitié de tes musiciens sont français. Est-ce qu’ils ont suivi une formation spéciale ?
Oui, ils ont appris à jouer la musique latino en Colombie, à Cuba, à Puerto Rico. Par conséquent, je travaille avec des professionnels qui connaissent bien la salsa et d’autres rythmes de la région Caraïbes. Nous faisons de notre mieux, très professionnellement. Nous répondons ainsi aux expectatives d’un public qui a payé un billet pour écouter un bon concert. Notre travail, c’est du sérieux !
Parle-nous un petit peu de toi et de ton travail personnel
Je suis né à Cali, en Colombie. J’ai travaillé avec beaucoup d’orchestres en Colombie. Maintenant, ça fait neuf ans que je suis en France et, depuis six ans, je tourne en Europe avec mes musiciens, en accompagnant presque toutes les stars de la salsa qui se produisent un peu par tout sur la scène européenne. Si aujourd’hui nous nous produisons à Paris, demain cela se passera à Amsterdam, et ainsi de suite. De cette façon, les prestations des artistes ont une qualité musicale homogène, cohérente, pendant leurs tournées.
Quelles sont tes projets ? As-tu l’intention de continuer à travailler comme orchestre d’accompagnement ? Ou veux-tu te lancer, avec ton propre style ?
Je me suis déjà lancé, et très ambitieusement ! J’ai enregistré un album, dont le nom est ‘Mestizo’, sous le nom de Borys Orchesta. Là, nous n’avons joué que ma musique. Autrement dit, nous accompagnons les artistes latino en tournée en Europe et, parallèlement, nous travaillons à notre propre musique. Quant à notre album, il est à la vente à la FNAC et en Colombie. Nous avons un calendrier de concerts pour jouer notre musique.
Ma production est une sorte de page musicale de ma vie. Nous avons fusionné de la salsa romantique, du rap et de la musique grecque, en nous servant de quelques instruments typiques de la tradition musicale de la Grèce, comme la darbouka et le bouzouki. Par ailleurs, j’ai fait un hommage à Edith Piaf, en rythme pop latino, en ajoutant un zeste de cumbia, mais nous n’avons pas changé la ligne mélodique de la chanson. Sofia Guerrero, une chanteuse française d’origine portugaise, l’a chantée en français. Le rythme est latino, très dansant.
Et les ventes de ton album ? Ça marche ?
Oui, mais il se vend surtout dans nos concerts. Il est présenté sous le nom de Borys Orquesta, comme ça : Borys avec un y grecque et le mot orquesta en espagnol. C’est une façon d’inclure mes compagnons dans la présentation, car nous sommes un groupe qui travaille ensemble depuis un certain temps. Nous sommes beaucoup plus qu’un orchestre, nous sommes une famille.


