Willie García (Son de Cali) : Interview

Willie García décortique la salsa qu’il fait avec Son de Cali, révélant les sources d’inspiration de son groupe
Après quatre ans d’absence de la scène parisienne, qu’est ce que vous proposez aujourd’hui à votre public ?
Beaucoup de surprises ! A présent, notre groupe est beaucoup plus expérimenté. Pendant cette période de quatre ans, nous avons édité trois albums qui ont été très bien accueillis par notre public et par la critique. Nous avons même eu une nomination aux Grammy Awards américains, ainsi qu’aux prix Billboard ; de même, nous avons gagné des prix Lo Nuestro. Nous voulons partager avec notre public toutes ces expériences tant professionnelles que personnelles.
A présent, comment est votre musique ?
Nous continuons de travailler la salsa, dans notre ligne traditionnelle. Du fait de notre parcours très indépendant, nous avons la chance d’être l’un des groupes les plus représentatifs de cette musique. Ça fait plusieurs années que nous jouons cette musique, grâce à notre participation au Groupe Niche et à d’autres formations musicales. Par conséquent, les fans de salsa nous connaissent depuis longtemps.
Est-ce que les succès accumulés pendant ces derniers quatre ans ont fait évoluer votre musique ?
Oui, bien sûr. Nous avons démarré avec une salsa traditionnelle que nous avons fusionnée avec le côté mélodique de la salsa romantique. Par la suite, nous avons ajouté à notre fusion quelques rythmes colombiens. Par exemple, nous avons travaillé sur le currulao, qui est un rythme typique de la côte Pacifique colombienne, ainsi que sur le vallenato et les sonorités d’accordéon qui le sont propres. Nous sommes les seuls musiciens colombiens, le seul groupe, à avoir conquis les premières places du hit parade à Puerto Rico, ce qui n’est pas une mince affaire. Du fait d’être le berceau de beaucoup de salseros de prestige, ce pays est une place très difficile, très exigeante.
Autrement dit, grâce à la fusion de rythmes de votre pays, votre salsa est foncièrement colombienne ?
Voilà, c’est un mélange de salsa et d’une musique folklorique, qui représente nos racines. C’est notre image de marque. Nous en sommes très satisfaits car le public a adopté notre fusion, celle de notre groupe, ‘Son de Cali’.
Et comment réagissent les fans de salsa des autres pays latino-américains à votre formule ?
Très bien. Nous sommes issus d’une institution de la salsa, le Groupe Niche. J’ai été le chanteur de Niche pendant dix ans et mon compagnon, Javier Vásquez, pendant seize ans. Donc le public amateur de salsa nous connaît très bien ; en même temps, notre parcours nous a donné l’opportunité de disposer d’outils de travail hors pair.
Qui compose vos chansons ?
Moi-même. A ce titre, je participe à la production du groupe. On ne soulignera jamais assez la complicité de notre public. Nous avons gagné la place que nous occupons dans son cœur grâce à notre force sur scène, à notre originalité. De surcroit, nous voyageons dans le monde entier avec nos propres musiciens. Tout cela a sans doute œuvré à notre faveur.
Comment vous positionnez-vous sur le hit parade international ?
Pendant trois ans, nous avons travaillé avec Univision Music (Miami), ce qui nous a permit de gagner des prix Lo Nuestro en 2003, d’obtenir des nominations aux Grammy américains et aux Billboard Awards ; nous sommes le seul groupe colombien de salsa à avoir été nominé aux Grammy américains. Et tout cela a été possible grâce à l’accueil chaleureux de notre public.
Quel est votre album le plus récent ?
Celui dont nous chantons les titres dans nos concerts s’appelle «’Cambiando la historia’ ; c’est notre avant-dernier CD. Le dernier s’appelle ‘Seguimos’ ( 13 morceaux) dont nous chantons en ce moment deux titres : ‘Por qué se fue’ et ‘Vos me debés’, un ‘currulao’. C’est un CD de salsa ; une salsa colombienne, dans la ligne dont je viens de vous parler. Elle représente notre identité.
Photos: En haut, à droite, François et Javier Vasquez; à gauche, avec Willie Garcia.
En bas, à droite: Andrés (producteur) et J. Vasquez



